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par Denis Bourbonnais

Les courses d’hydroplanes et les Régates de Valleyfield ne seront plus les mêmes quand les conditions sanitaires publiques permettront la reprise des activités sur le circuit motonautique.

Après quelque 60 années d’engagement au profit de la classique campivallensienne et du sport des régates motorisées, Ron O’Neill tire sa révérence en tant que bénévole. Pour la première fois depuis qu’il a été préposé aux drapeaux à l’âge de 12 ans au cadran Schenley, le sympathique résident de Salaberry-de-Valleyfield n’occupera aucune fonction au sein de l’organisation qui présentera la 82e édition de l’événement en 2022.

«Le temps est venu de pratiquer mon sport favori d’une autre façon, comme spectateur. Je suis toujours disponible au besoin pour des tables rondes et pour aider en lien avec le Gala des Champions mais je veux passer à autre chose. J’ai consacré la majeure partie de ma vie aux Régates de Valleyfield à travailler dans le feu de l’action dans les puits. Bref, je deviens agent libre tout en restant un supporteur et un fan des régates», décrit celui qui a notamment campé le rôle de codirecteur des courses au sein de l’organisation.

Grâce à Russell Haworth

Ce fut le coup de foudre pour Ron O’Neill quand il a assisté à ses premières Régates de Valleyfield à l’âge de 5 ans en 1952. «J’étais accroché et je n’ai jamais manqué une fin de semaine de courses par la suite», assure le retraité de la Distillerie Schenley, devenue Diagio.

D’abord «flagman», Ronald a ensuite été affecté à la sécurité sur l’eau à bord d’un bateau de la GRC à l’âge de 15 ans. «J’ai eu de bonnes relations avec l’équipage du contingent de la GRC basé à Valleyfield tout en étant instructeur de voile pour le Club nautique. J’ai alors été invité à passer le week-end des régates sur un bateau de la GRC», se souvient-il.

Ron O’Neill a fait une année supplémentaire comme remorqueur avant de joindre officiellement les rangs de l’organisation des Régates de Valleyfield en tant que bénévole en 1965. «J’allais aux courses avec Russell Haworth et il m’a demandé de m’impliquer dans le comité. C’est grâce à Russell si j’ai passé toutes ces années au sein de l’organisation», évoque ce grand bénévole.

En 1967, à la suite des Régates mondiales tenues à Valleyfield lors de l’exposition universelle (Expo 67), Ron a fait une randonnée extrême dans l’embarcation à fond plat (Super Stock) de Cyril Smith. «Nous étions 3 dans le bateau, incluant Russell (Haworth) et moi assis sur la barre transversale», raconte-t-il.

En 1973, Ron O’Neill a été l’un des membres fondateurs du «Valleyfield Hydro Racing Club», ce qui a mené à l’avènement des Régates de Saint-Timothée en 1975. De 1965 à 1990, il a travaillé avec le personnel dans les puits aux Régates de Valleyfield. Une seule année, Ron a pris du temps pour lui pour s’asseoir et regarder les courses.

Le splash en or

En 1981 et 1982, Ron O’Neill a œuvré comme équipier au sein de l’écurie «Kiwi» de Gilles Couillard. Au terme de la saison 1982, il a eu la chance de piloter le «CS-82» de classe 2,5 litres sur la baie Saint-François alors que Gilles Couillard avait remporté le championnat canadien des points.

Pendant quelques années, Ron a donné un coup de main à l’équipe «Why Not» CS-57 de Warren Haworth tout en étant bénévole aux Régates de Valleyfield. Sans hésitation, il avance que 1988 s’est avéré la meilleure année à l’occasion du 50e anniversaire de l’événement. «Le splash en or, les 50es Régates ne sont que de bons souvenirs», ajoute-t-il en lien avec les régates qui avaient attiré un nombre record de 278 embarcations.

Pour Ron O’Neill, l’année 1991 a sans doute été la plus difficile en raison du décès de Daniel Brossoit et d’un spectateur lors du seul accident mortel à survenir aux Régates de Valleyfield. Ron était alors assigné à la salle de presse et il a déménagé l’année suivante à la Tour des Régates, où il a cumulé les fonctions de codirecteur des courses avec Roger Laurin, de 1992 à 1999. Sa contribution a permis entre autres de faire la transition avec Didier-Bernard Séguin, éventuel successeur à la direction des courses et subséquemment, commissaire de la Ligue de Régates d’Hydroplanes (HRL).

Au cours de cette vie entière dédiée aux régates, Ron O’Neill a également agi comme vice-président inboard (1996-1997) et vice-président services publics de la Fédération nautique du Canada. Il a exercé un rôle de premier plan dans l’obtention de la commandite de la compagnie Schenley pour le bateau Grand Prix «GP-1001» de Jules Leboeuf, en plus d’avoir été le seul Canadien à recevoir le «Prix du Chairman» de l’American Power Boat Association (APBA), en 1998.

Ron est retourné à la salle de presse pour quelques années (2003, 2004) et il a représenté les Régates de Valleyfield à de nombreux congrès de l’APBA. Rassembleur, il a maintenu de bonnes relations avec les coureurs, équipes et organisateurs de toutes les associations motonautiques.

Appui de la famille

Plus récemment, Ron O’Neill a joué un rôle majeur dans la relance de la classe Grand Prix, qui a coincidé avec la naissance de l’ACHA en 2007. «Dans les dernières années, le retour des bateaux Grand Prix a été le plus excitant pour le sport des régates», se réjouit la Personnalité ACHA de l’année 2013.

Outre son étroite collaboration dans le domaine des courses, Ron s’est fait un plaisir de donner son temps à titre de membre du comité du Gala des Champions de la Ligue de Régates d’Hydroplanes (HRL). Sa participation aux diverses présentations, incluant le bulletin humoristique des nouvelles et les traductions, a été grandement appréciée au fil des années.

Ayant fait connaître ses intentions de se retirer comme bénévole aux Régates de Valleyfield en octobre 2020, Ron O’Neill se considère chanceux d’avoir obtenu l’appui des membres de sa famille durant cette longue aventure.

«Ma femme Louise ainsi que mes enfants Michelle et Jennifer m’ont toujours soutenu. Un peu plus tard, ce fut mon petit-fils Dave et ma petite-fille Chloé. En fait, mes enfants et mes petits-enfants m’ont suivi dans ma passion», de louanger le septuagénaire.

En 1970, Ron O’Neill a uni sa destinée à Louise Leblanc et le couple s’est rendu à Québec en voyage de noces. «Bien entendu, c’était compris qu’on devait être de retour pour les régates», de signifier avec humour l’homme qui a célébré ses noces d’or avec sa tendre moitié l’été dernier.

Dans un article paru en 2008 et rédigé par Daniel Grenier pour le Journal Saint-François, à l’occasion des 70es Régates de Valleyfield, Ron O’Neill a été encensé en tant que «bénévole indispensable» à l’événement. Or, toute bonne chose a une fin et lors des prochaines Régates de Valleyfield, il faudra s’y faire. Les régates ne sont plus les mêmes pour Ron O’Neill et surtout pour l’organisation, qui n’aura plus dans son groupe de bénévoles un des plus importants collaborateurs de la riche histoire de l’événement.

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