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par Denis Bourbonnais

Nouvelle embarcation, nouveaux pontons, nouveau départ… s’il y a un pilote qui souhaite que les courses post-pandémie soient lancées dans la Ligue de Régates d’Hydroplanes (HRL), c’est bien Jean-François Latour.

Le résident de Salaberry-de-Valleyfield venait tout juste de prendre possession d’une coque nantie de pontons Henderson dernier cri quand la saison 2020 a été annulée en avril dernier. A l’instar de tous les autres coureurs, Jean-François espère maintenant que la situation sanitaire nord-américaine sera favorable à une reprise partielle des activités dès cette année sur le circuit motonautique.

C’est avec impatience que le compétiteur âgé de 43 ans attend la mise à l’eau de son nouveau «Joker» F-8 de la Formule 2500. L’ancien «CS-100 limite» de Sébastien Leduc et «Make-it Rain» S-912 de Maxime Lemieux, construit à l’origine par Jean-Guy Leboeuf, a été revampé de sorte que tous les espoirs sont permis pour celui qui a fait ses débuts en 1999 aux commandes d’un hydroplane.

Le fils du multiple champion Gaétan Latour a obtenu sa part de succès sur les flots des parcours motonautiques depuis ses premiers tours de piste. Toutefois, la malchance s’est invitée au cours des dernières années et en juin 2019, Jean-François a été impliquée notamment dans un accident qu’il qualifie du pire pour lui en deux décennies de courses.

La collision s’est produit aux Régates de Long Sault (Ontario) lorsque le «Graf-X» S-6 conduit par Yves Villeneuve a fait un crochet devant lui. Jean-François n’a pu éviter l’impact et en plus de subir des blessures, il lui a été impossible de retourner derrière le volant de l’embarcation accidentée. Son hydroplane, l’ancien «Bateau sans nom» CS-109 de Dominic Maisonneuve, une coque bâtie par Jimmy Shane il y a plus de 20 ans, a été mis à la retraite en raison de son vieillissement.

Son attachement pour les courses d’hydroplanes a tout de même pris le dessus et Jean-François a tenu à être au rendez-vous lors des 81es Régates de Valleyfield. Le Campivallensien a emprunté de «All In» de Dominic Billette et le «S-22» allait devenir le «Joker» S-8 pour la circonstance. Ce fut la dernière sortie de Jean-François Latour sur le circuit HRL et voilà pourquoi il n’en peut plus d’attendre un nouveau départ dans le cockpit d’un «Joker» rajeuni.

Jean-François se dit tout même réaliste quant à ses chances de tenir tête aux plus rapides de la F-2500. «Je passe du plus petit bateau de la classe au plus gros. Il y aura beaucoup de travail à faire pour que l’embarcation soit compétitive contre des gars vraiment sur la coche. Je veux essayer le bateau le plus tôt possible afin de l’ajuster pour 2021 si courses il y a. Pour 2022, un Top 3 serait une belle fin de carrière», évoque le pilote qui avoue que l’aspect financier du sport commence à peser lourd.

«À moins de décrocher un commanditaire important, ce sera difficile de continuer. Mon père (Gaétan) monte mes moteurs et il se débrouille très bien. Ça me permet d’économiser de l’argent mais financièrement, ce n’est presque plus possible pour nous de suivre les compétiteurs américains. Ça pourra être la fin à moins que quelqu’un veuille de moi comme pilote», admet Jean-François.

Passion transmise

Comme bien d’autres familles de régates, Jean-François a occupé une place dans les puits de ravitaillement dès son enfance, accompagnant son père Gaétan qui a connu une carrière fructueuse comme pilote\propriétaire dans les années ’80 et ’90.

Le fils a gagné sa première course dans le «Joker» CE-7 de classe 5 litres aux Régates de Syracuse (N.Y.) en 1999. Jean-François est ensuite devenu le pilote qui a remporté la dernière finale disputée en 5 litres à Ville-Marie au Témiscamingue.

Dans les années 2000, Jean-François a dû rivaliser en 5 litres avec des champions de la trempe de Patrick Haworth et Eric Labelle. Il a accédé au podium à plusieurs reprises mais la chance lui a tourné le dos à maintes occasions, entre autres aux Régates de Valleyfield en 2005 quand il a terminé la finale devant tout le monde avant d’apprendre qu’il avait été pénalisé.

En 2004, Jean-François était en bonne position aux Régates de Hampton (Virginie) quand il a été victime d’une avarie. L’année suivante au championnat mondial à Cambridge (Maryland), il a été vainqueur des épreuves de qualification mais les honneurs lui ont échappé dans la course ultime. En 2006, il a dominé une finale pendant 4 tours avant de voir Eric Labelle lui ravir la victoire.

Plus récemment, dans la Ligue de Régates d’Hydroplanes (HRL), il a remporté deux fois l’épreuve consolation en Formule 2500 pour accéder directement à la finale. En 2015, Jean-François a pris le 3e rang en finale aux Régates de Saint-Félicien et il s’est illustré à bord du «S-790» de Mike Grendell en 2,5 litres.

Souhaitons que les étoiles finissent par s’aligner en HRL pour ce coureur au talent indéniable et dont l’expérience constitue un atout. Jean-François est le père de Nicolas, 23 ans, – une de ses embarcations a porté le nom de Nico – Kloé, 15 ans, et Angélique, 11 ans. Un autre pilote d’hydroplane pour qui la passion des régates a été transmise d’une génération à l’autre.

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